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Ici même et maintenant, quoique vous fassiez sera sans effet ; qu'allez-vous faire ?
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Deux disciples zen se promènent dans la cour du monastère, quand soudain le plus jeune, redécouvrant son quotidien après une séance de méditation, dit à l'autre :
- Oh ! regarde, le drapeau en haut du mât bouge.
L'autre, un sourire indulgent au coin des lèvres :
- Non, ce n'est pas le drapeau qui bouge, c'est le vent qui bouge.
Le maître se tenant discrètement derrière eux, se penche alors à l'oreille du deuxième disciple, et lui dit :
- Non, ce n'est pas le vent, c'est ton esprit qui bouge...
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Le maître se promène dans le potager en compagnie de trois disciples après une longue séance de méditation, quand tout à coup, le plus jeune se dirige vers les salades, et écrase sous sa semelle une limace.
Le deuxième disciple, sourcils froncés lui dit :
- Tu as eu tord d'écraser cette limace, car quand bien même il s'agit d'un animal très primaire, c'est néanmoins une forme de vie, et la vie est sacrée et doit donc être respectée.
Et se tournant vers le maître :
- N'est-ce pas maître ?
Et le maître lui répond :
- Oui, tu as raison.
Le premier disciple, réagissant avec verdeur, lui rétorque :
- Sans doute cette limace est respectable, mais elle mange nos salades, et ces salades sont notre seule source d'alimentation en cette saison. J'ai donc bien agit en défendant une vie plus évoluée que celle de cette limace : la nôtre.
Et se tournant vers le maître :
- N'est-ce pas maître ?
Et le maître lui répond :
- Oui, tu as raison.
Intervient alors le troisième disciple, plus mûr et plus avancé dans l'étude des processus mentaux :
- Mais maître, le deuxième disciple vous a dit une chose, et vous lui avez répondu qu'il avait raison. Puis le premier disciple vous a dit le contraire, et vous lui avez aussi dit qu'il avait raison. Or on ne peut pas donner raison à une chose et en même temps à son contraire !?
Et le maître lui répondit :
- Oui, tu as raison.
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Un jour, un grand samouraï s'en vint frapper aux portes du monastère afin de rencontrer le maître zen. Introduit, il s'agenouille devant lui et lui demande à être instruit du sens profond de l'Enfer et du Paradis, avouant que malgré ses hauts faits guerriers, il n'a pu accéder par lui-même à cette sagesse. Le maître le dévisage alors avec un sourire ironique, et commence à se moquer de lui en mettant en doute sa force et son habileté. A ces mots, le fier samouraï se lève d'un bond, dégaine dans le mouvement son sabre, et le lève au dessus de sa tête, mais fasciné par l'attitude digne du maître qui n'a pas bougé d'un cil, il suspend un instant son geste. Le maître lui dit alors calmement :
- Ici commence l'Enfer.
Le samouraï, abasourdi par la sérénité du maître, en laisse tomber ses bras le long du corps et relâche toute sa tension. Le maître ajoute alors :
- Et ici commence le Paradis.
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Hogen, un maître chinois, vivait seul dans un petit temple, en pleine campagne.
Un jour, quatre moines voyageurs survinrent et lui demandèrent s'ils pouvaient faire un feu dans sa cour pour se réchauffer. Tandis qu'ils préparaient le feu, Hogen les entendit parler de subjectivité et d'objectivité. Il se joignit à eux et dit:
- Vous voyez cette grosse pierre, croyez-vous qu'elle soit à l'intérieur ou à l'extérieur de votre esprit?
Un des moines répondit:
- Du point de vue du bouddhisme, toute chose étant une objectivation de l'esprit, je dirais donc que cette pierre se trouve dans mon esprit.
- Ta tête doit être très lourde, conclut Hogen.
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L'homme regarde la fleur, la fleur sourit.
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Soueï-lao, tout en arrangeant les glycines, demanda à son maître Ma-tseu :
- Que signifie la venue du Patriarche de l’Ouest jusqu’ici ?
Ma-tseu répondit :
- Venez un peu plus près, et je vous le dirai.
Dès que Soueï-lao se fut approché, le maître lui donna un coup de pied qui l’envoya à terre. Mais cette chute ouvrit soudain son esprit à un état de satori, car il se releva en riant de bon coeur, comme si un événement tout à fait inattendu et très désiré se fût produit.
Le maître demanda :
- Quel est le sens de tout ceci ?
Lao s’écria :
- Innombrables, certes, sont les vérités enseignées par les Bouddhas, et toutes, telles qu’elles sont à leurs sources mêmes, je les perçois maintenant dans l’extrémité d’un cheveu.
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Un moine vint trouver K’i-an de Ien-kouan et demanda :
- Qui est le Bouddha Vairochana ?
Le maître dit :
- Veuillez me passer cette cruche.
Le moine tendit la cruche au maître, qui demanda alors au moine de la remettre où il l’avait prise. Ainsi fit le moine, et il posa de nouveau sa question sur le Bouddha.
Le maître répondit :
- Il y a longtemps qu’il est parti !
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Chan-tao marchait un jour avec son maître dans les montagnes. Le maître, Chih-t’eou, vit les branches d’un arbre qui obstruaient le sentier, et il demanda à Chan-tao de les couper.
Le disciple dit :
- Je n’ai pas apporté de couteau.
Chih-t’eou sortit son propre couteau et le tendit à son disciple en lui présentant la lame nue.
- Veuillez, dit Chan-tao, me donner l’autre bout.
- Que voulez-vous faire de l’autre bout ? demanda le maître.
Cela éveilla Chan-tao à la vérité du Zen.
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Un moine demanda à Tchao-tcheou :
- Quel est le sens de la venue du premier Patriarche en Chine ?
- Le cyprès dans la cour d’entrée.
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Je rentrai
Furieux, offensé -
Le saule dans le jardin.
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Il était une fois un horrible dragon qui terrorisait la région. Nul ne pouvait l'approcher sans périr. Un beau jour, un jeune homme vaillant et aimé de tous prit son courage à deux mains et décida d'aller l'affronter. Ses amis tentèrent de le dissuader car cet acte de bravoure lui serait certainement fatal. Mais il s'obstina.
Il se présenta seul devant la caverne où habitait le monstre. Celui-ci sortit bientôt, sublime et terrifiant. Le soleil faisait scintiller ses écailles, et le feu qu'il crachait menaçait de carboniser notre pauvre héros à la moindre occasion. Cependant, le jeune homme resta ferme et ne cilla pas.
- Comment se fait-il que tu ne t'enfuis pas comme les autres, humain ? lança le dragon, étonné de l'attitude de son visiteur.
- Je n'ai pas peur, répondit calmement le jeune homme.
- Je vais te broyer dans mes griffes et tu vas mourir ! Tu ne peux me vaincre, conviens-en.
- C'est vrai... Et d'ailleurs, je dépose mes armes à vos pieds (ce qu'il fait). Cependant vous ne me ferez aucun mal, je le sais, et c'est pourquoi je ne vous crains pas.
- Mais enfin, quelle folie ! Le dragon s'énervait. Ses naseaux s'enflaient, laissant parfois s'échapper des flammes bleutées. Crois-tu vraiment à ma clémence, pauvre inconscient ? Je vais te tuer et je me régalerais de ta tendre chair jusqu'à la fin du jour.
Le dragon se redressa et cracha une énorme salve de flammes, pour montrer sa puissance. La chaleur déformait tout au travers de l'air alentour, mais le jeune homme restait impassible.
- Je fais partie comme vous de l'Atma, du Grand Tout, nous sommes un et indivisibles, déclara le jeune homme. Si vous me dévorez, vous vous dévorerez vous-même. Mais libre à vous de le faire, je ne cherche pas à vous influencer. Il s'agenouilla et attendit.
- Quoi ? Je ne comprends rien à ce que tu me dis ! Le dragon restait perplexe. Pourquoi ne t'enfuis-tu pas ? Les autres ont toujours eu peur : ils s'enfuient en hurlant, je les rattrape et les tue, puis je les dévore et rentre chez moi me reposer. C'est simple et telle est ma vie... Mais aujourd'hui je ne comprends rien à rien. Tu viens sans me combattre ni t'enfuire, cela n'est pas acceptable ! Cette situation est par trop étrange. Bon, je ne me sens pas bien, prends tes armes et va-t-en ! Et ne reviens plus, dit-il en se retirant dans son antre, pestant et maugréant contre ces humains qui décidément ne respectent rien...
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